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1944: Jacqueline Maillan débarque à Paris, ayant découvert en province, à l'occasion d'une revue d'étudiants, où pour la première fois elle est montée sur scène, son goût pour le théâtre. Goût tenace et définitif qui la mène au cours Simon. On l'invite à jouer « Athalie », ses condisciples sont pliés de rire. Son professeur lui suggère alors d'aller courtiser le vaudeville comme on vous aiguille sur une voie de garage. Son destin lui mord les talons. Au cabaret dans les années 50 (elle avait à peine 30 ans) elle joue les divas dans les revues de Roger Pierre et Jean Marc Thibault à l'Amiral.
Elle fera ses classes comme les autres et aura tout enduré, abordé tous les genres, porté tous les costumes : clown, comique troupier, druidesse, nymphe, belle-mère… « Ca commence, disait-elle, par de la figuration, puis une phrase, deux scènes, un acte….. Avec de la chance ensuite on peut prétendre au rôle titre. Moi, j'aurai mis quinze à vingt ans avant d'en avoir un.» C'était Croque Monsieur (1964) de Marcel Mithois avec Henri Virlojeux.
Le démarrage de sa carrière fut plutôt une véritable mise sur orbite, puisqe cette pièce Croque Monsieur elle la jouera 1700 fois, et 1100 fois Gog et Magog, 700 fois les belles bacchantes et Ornifle, plus de 500 fois le pont japonais, 600 Folle Amanda, et 800 la Facture. La reine du boulevard, qui faisait pleurer de rire des salles entières en plissant seulement malicieusement des yeux, était aussi capable de défendre des auteurs d'avant garde, comme Bernard Marie Koltès, dans retour au désert en 1988.
Au moment de sa mort (le 12 mai 1992), Jacqueline Maillan interprétait une pièce de Pierre Palmade, Pièce montée, où seule sur la scène de la Comédie des Champs Elysées, elle allait au bout du perfectionnisme comique. Recordman et marathonienne. Elle aura joué tout le temps, mais finalement très peu, peut être quatorze pièces en vingt cinq ans. « Un rôle est un rôle. On s'y coule chaque fois comme dans un manteau neuf. » Malgré tout, comme elle ne ressemblait à personne les auteurs étaient bien obligées et trop contents de lui faire un manteau sur mesure. Manteau de vison de préférence.
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